12/03/2006

Les routes de l'émigration clandestine subsaharienne passent désormais par la Mauritanie

Plus d'un millier d'émigrés clandestins sont morts noyés depuis le début de l'année en tentant de rejoindre les îles Canaries, a affirmé, mercredi 8 mars, le chef de la division Afrique de la Croix-Rouge espagnole, Jaime Bara. Officiellement, le nombre des victimes recensées par Madrid est de 106. "En réalité, il est dix fois plus élevé", fait valoir le responsable de l'organisation non gouvernementale espagnole.

Les informations du représentant du Croissant-Rouge mauritanien, Ahmedou Haya, vont dans le même sens. "Chaque jour, près de quatre-vingts clandestins quittent la Mauritanie pour les Canaries , explique-t-il au Monde .Sur ce total, nous estimons que 40 % d'entre eux n'arrivent jamais à destination. Certains accostent au Sahara occidental, les autres périssent en mer."

Le fait est que les îles Canaries, espagnoles par l'histoire mais situées au large des côtes du Sahara occidental, font face à un afflux d'émigrés en provenance d'Afrique subsaharienne. Au cours des deux premiers mois de l'année, près de 2 000 clandestins ont débarqué sur le chapelet d'îles, étape capitale vers l'Europe, soit autant que pendant les six premiers mois de l'année passée, selon les statistiques espagnoles.

Conséquence de la politique musclée menée par les autorités marocaines pour décourager l'émigration clandestine depuis le royaume, les filières privilégient désormais comme base de départ la Mauritanie, le maillon faible de la région. Situé au sud du Maroc et du Sahara occidental, le pays a en effet connu un changement de régime qui a quelque peu désorganisé la surveillance des frontières. La Guinée-Bissau et le Sénégal commencent aussi à voir affluer les Subsahariens.

Une enquête confidentielle des services de renseignement espagnols, publiée mercredi par le quotidien espagnol El Pais , décrit en détail le fonctionnement des réseaux clandestins actifs en Mauritanie - au nombre d'une quarantaine. Ils sont toujours contrôlés, selon le document, par des Marocains, qui ont, en quelque sorte, délocalisé leur activité. Les noms de plusieurs chefs de réseaux figurent d'ailleurs dans le document.

Situé à l'extrême nord du pays, la zone de Nouadhibou, où se trouve le plus grand port de Mauritanie, est le lieu où convergent les Subsahariens. Certains arrivent par le sud, d'autres via le nord, à travers le Sahara occidental et son "mur" fortifié, qu'ils traversent, d'après les services de renseignements, espagnols, sans encombre grâce à la complicité d'officiers marocains.

Le rapport évalue entre 10 000 et 15 000 le nombre de Subsahariens éparpillés dans des bourgades du Sahara occidental et le nord de la Mauritanie en attente d'un départ par bateau. L'estimation a été confirmée jeudi 9 mars, par le gouverneur de Nouadhibou, Yayia Ould Mohammed Fall.

A Nouadhibou, avant d'embarquer, chaque clandestin doit payer l'équivalent de 1 000 euros en francs CFA ou en monnaie mauritanienne. Ses papiers d'identité sont détruits et il doit s'engager sous peine de mort (contre lui et sa famille) à ne jamais rien révéler concernant les passeurs et le lieu de départ.

Le début du voyage, long de près de 700 kilomètres et prévu pour durer quatre à cinq jours, s'effectue sur un bateau d'un douzaine de mètres de long chargé d'environ 70 clandestins. Deux moteurs puissants équipent le bâtiment. Le document explique comment des commerçants asiatiques installés à Nouadhibou détiennent une sorte de monopole sur ce type de moteurs marins.

L'embarcation commence par filer plein ouest. A environ 130 kilomètres de la côte, il pique vers le nord en longeant la côte du Sahara occidental.

Une première escale a lieu dans la zone sud du Sahara occidental. Elle permet de se ravitailler en vivres et en carburant et explique la prolifération de certains commerces dans cette zone désertique.

Surtout, les clandestins y sont transférés sur deux embarcations plus petites, les cayucos , qui navigueront de conserve le long de la côte de façon à n'être pas repérées par les radars de la gendarmerie marocaine.

Une seconde escale a lieu à proximité de la ville de Dakhla. Ensuite, cap sur les îles Canaries, point final du périple, avant l'Europe continentale. Avant d'accoster, raconte le rapport espagnol, les clandestins changent de vêtements. Ils mettent ceux que les passeurs leur avaient demandé de placer dans un sac de plastique hermétiquement fermé. Il s'agit de se fondre sans peine parmi la population locale.

Jean-Pierre Tuquoi
LE MONDE | 10.03.06 | 13h49

13:05 Écrit par Clara People | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : planete, europe, migrations |  Facebook |

Commentaires

Manifestation de sans-papiers : récupération Il ne passe pas une retransmission de manifestation ou d'occupation d'église (qui, aux dires de la Conférence épiscopale, commence à tuer l'effet par suite de trop d'occupation d'églises), sans qu'on voit des Africains parader, vociférer, voire carrément hurler dans le micro du journaliste (comme cela s'est vu sur Télévesdre)!! Je crois que ces individus, non contents de faire de la politique dans un pays où ils ont introduit une demande d'asile POLITIQUE, n'hésitent pas à tirer la couverture à eux, à vouloir accaparer la grosse part du gâteau!! Leur comportement exaspère les Belges que nous sommes, mais aussi les sans-papiers originaires d'Europe de l'Est qui, eux, n'ont pas l'occasionde se faire entendre, voire de faire entendre leurs doléances, leurs problèmes. Que les télés cessent de filmer toujours les Noirs du début de cortège (car çà risque de nuire à leur demande de régularisation!), quand elles font un micro-trottoir, qu'elles questionnent d'autres sans-papiers, même si la manif est encadrée par des africains, si le "porte-parole" est un africain. Ces africains sont vraiment omniprésents sur la scène politique de la régularisation des sans-papiers, alors qu'ils ne sont les mieux placés pour justifier d'intégration en Belgique!! Ils arrivent en Belgique sans les documents demandés par l'Office des Etrangers, espérant bénéficier d'une régularisation "en bloc"! La Belgique n'a que faire de ces ventouses collées à elle, à qui il suffit de résister un peu lors d'une tentative d'expulsion, pour être laissé en Belgique, alors que quantité de Roumains, Bulgares, Coréens, etc. sont rapatriés par charters entiers!!! Deux poids deux mesures!!!
Cessez de récriminer contre les centres fermés! Au moins, dans ces centres, les "détenus" reçoivent à manger et à boire, peuvent regarder la TV, bref : tout ce dont ils ne bénéficieroent jamais dans leur pays d'origine!! C'est vrai qu'ils sont écroués, qu'il y a des barreaux aux fenêtres et des clôtures qui les contiennent ; mais sans ces clôtures, ils s'enfuiraient aux quatre coins de la Belgique, voire de l'Europe, en toute clandestinité! Et comme ils n'ont pas droit à de la nourriture, de l'argent, ils iraient immanquablement grossir le flot des délinquants en tous genres!!
Allons faire en Roumanie, au Maroc, en Birmanie, ce qu'ils viennent chercher ici (j'en sais quelque chose, ayant déjà été arrêté deux fois "in illo tempore" en Roumanie pour défaut de visa, ou suspicion de trafic sur une route frontalière!)! Qu'ils se réjouissent de nos valeurs démocratiques! Car là au bout, c'est la jungle, et même la junte! Personne ne les a priés de venir en Belgique, personne ne leur a dit que la Belgique était un "pays de cocagne" qui les intégrera automatiquement. Qu'ils arrêtent de faire la guerre la-bas, qu'ils affectent les montants épargnés à une vie meilleure pour toute la population. Ces africains ne savent que se plaindre, cherchant visiblement à apitoyer le Belge que nous sommes! Trop c'est trop!!

Écrit par : DAVENNE Daniel | 07/04/2006

Récupération? M. Davenne,
Vous ne partager pas les opinions de ce blogue, c'est votre droit.
Il m'apparaît cependant que des textes comme la Déclaration universelle des droits de l'homme (http://www.unhchr.ch/udhr/lang/frn.htm) ou la Convention Internationale des Droits de l'Enfant (http://www.droitsenfant.com/), toutes deux signées par la Belgique, représentent des valeurs fondamentales inaliénables auxquelles nous nous devons de faire référence.
Il se fait que la Belgique bafoue ses engagements à ce propos, en particulier concernant le traitement et l'enfermement de personnes qui n'ont commis aucun délit, y compris des enfants, mais aussi à différents niveaux de la procédure d'asile (par exemple dans la durée de traitement des dossiers, dans son caractère discrétionnaire et arbitraire, dans l'utilisation de la violence morale et physique lors des expulsions, dans le caractère non suspensif des recours, dans l'indifférence face aux avertissements européens et internationaux, etc).
Je me permets par ailleurs de vous rappeler que tenir des propos à caractère raciste est punissable selon le droit belge.

Écrit par : Clara People | 09/04/2006

un sans papier marocain veut devenir millionnaire un sans-papier vient de créer un site, une sorte d'annuaire (dictionnaire des sites français) avec lequel il veut atteindre 1 million d'euro!
www.jeseraimillionnaire.com

Écrit par : martin | 04/06/2008

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