13/04/2006

Communiqué des Iraniens à Etterbeek

9/4/06
Bonjour Madame, Mademoiselle, Monsieur,

Vous savez certainement que depuis quelques jours des DEMANDEURS D'ASILE IRANIENS ont obtenu de pouvoir se réunir au 2me étage de la bibliothèque, face à l'église Notre-Dame du Sacré-Cœur, rue de Pervijse à Etterbeek.

Qui sont-ils ?

Ces demandeurs d'asile viennent pourtant d'Iran, un superbe pays, où la montagne dans sa variété de formes et de couleurs, la plaine à ses pieds et la mer qui se dessine au large sont majestueuses, dans leur immensité. L'Iran fut jadis le phare de civilisations qui irriguèrent et influencèrent fortement l(Occident. Malgré les continuelles invasions qui ont marqué son histoire, l'Iran a su conserver une riche culture, au passé glorieux.

Que disent-ils ?

Depuis la révolution islamique de 1979, le pays souffre d'une dé-laïcisation et d'une "islamisation" des institutions majeures du pays. La "république" et l'"islam" se heurtent dans une cohabitation conflictuelle. L'Iran connaît de multiples conflits, accentués par le désir d'une séparation de la religion et de la politique par une grande partie de la population.La situation est insoutenable. Les violations des Droits de l'Homme y sont systématiques, LEGALISEES DANS LE CODE PENAL (la "charia"). Parmi les motifs de CONDAMNATION A MORT (publiques, par pendaison) : l'adultère, l'apostasie, les rapports homosexuels, une insulte contre le pouvoir, la consommation d'alcool… On y exécute même DES ENFANTS. Ablation de l'œil, amputation, coups de fouet en public, font partie des chatiments habituels.
Quant à la CONDITION DE LA FEMME,il faut savoir que sa vie ne vaut que la moitité de celle d'un homme, la lapidation est toujours à l'ordre du jour, la polygamie est permise, les hommes ont la garde exclusive des enfants, les veuves n'ont droit qu'à 1/8 de l'héritage, le témoignage de nombreuses femmes ne vaut rien tant qu'il n'est pas accompagné de celui d'un homme et bien d'autres injustices encore.
LES LIBERTES D'EXPRESSION, DE REUNION ET D'ASSOCIATION sont très limitées par la Constitution. Plus de 100 journaux et publications et été interdits depuis 2000, plusieurs journalistes incarcérés, subissant (comme chaque prisonnier) l'isolement carcéral, l'interrogatoire brutal et souvent la torture, physique ou psychologique.
LES MINORITES RELIGIEUSES (bahaï, chrétiens, juifs, zoroastriens, musulmans sunnites…) et ETHNIQUES (kurdes,…) subissent harcèlements, discriminations, emprisonnements…

Que veulent-ils ?

COMME TOUS LES DEMANDEURS D'ASILE, ils souhaitent ne plus être considérés comme des citoyens de seconde classe. Ils savent que la population belge comprendra que personne ne quitte sa famille, ses amis, son milieu de vie de gaieté de cœur. Madame Shirin Ebadi (Prix Nobel de la Paix) l'a bien dit au Parlement européen : "…quand un Iranien quitte sa maison et son pays, c'est qu'il y a un vrai problème".
Dans la mesure où une dictature extrémiste et fanatique sévit en Iran, une extradition et un retour au pays seraient un réel danger pour la vie de ces exilés. Par un "avis négatif", l'Etat belge leur interdit le séjour ici, mais ne les évacue pas, entrainant ainsi des situations illégales et des vies clandestines, marginalisées. LES IRANIENS ONT UNE DEMANDE TRES SIMPLE : obtenir le droit de séjourner légalement en Belgique.

Si vous voulez les connaître, VOUS LEUR FEREZ GRAND PLAISIR EN LEUR RENDANT VISITE : ils parlent anglais, néerlandais ou français (et d'autres langues), plus le persan.

Merci pour votre attention,
Anwar Mir Sattari, Ali Samad, porte-parole du
FOYER DES REFUGIES IRANIENS EN BELGIQUE,
friran.be

17:18 Écrit par Clara People | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : belgique, bruxelles, occupation |  Facebook |

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