10/07/2006

Visite au 127bis — COMMUNIQUE CRER

 Samedi 8 juillet vers 11 heures quelques personnes se rassemblent devant le centre fermé 127bis pour protester une nouvelle fois de l'existence même de ceux-ci et venir en soutien aux sans papiers qui y ont été enfermés suite à leur expulsion de l'église à Anderlecht.

 Un grand nombre de personnes manquent à l'appel, en effet des barrages de polices les ont empêchés de nous rejoindre.  La liberté de se rassembler est mise à mal. La plupart des personnes sur place ont été fouillées, prise d'identité et filmées par les forces de l'ordre.

 L'accès à l'allée qui longe le centre nous est refusé, la demande de visite que nous transmettons nous est également refusé.  Seule une administratrice de la Ligue des droits de l'Homme est autorisée à entrer dans le centre.  Là, elle est reçue par la directrice du centre qui entame une très longue conversation et la négociation est dure afin d'obtenir in fine la rencontre avec une dame angolaise et ses enfants.

 La dame est donc menée dans la salle des visites.  Elle est au bord des larmes et ne comprend pas ce qui lui arrive.  En possession d'une "carte orange" qui lui permet de travailler, elle a cependant été menée menottée devant ses trois enfants, eux aussi menottés (un bras) au commissariat. Là elle a dû être extrêmement ferme pour refuser la proposition qui lui était faite de se séparer de ses enfants.  après de très âpres discussions elle se retrouve dans une des ailes du centre. 2 heures de "sortie" (derrière les 3 clôtures bien sûr) sur 24h sont les seules occupations.  Les détenus de cette prison qui ne veut pas se dire ainsi, n'ont pas l'autorisation de passer d'une "aile" à l'autre. Il s'agit, doit-on le rappelerun univers carcéral au sens premier.  Ses enfants de 2 ans 1/2, 7 ans et 10 ans sont également dans cette situation, quelques "animatrices" s'occupent d'eux.

 Il lui a été dit qu'elle et sa famille allaient être expulsées, sans préciser quand ni comment. Ceci contredit les dires des autorités entendues à la radio qui précisaient que les occupants de l'église ne seraient pas expulsés.

 Il faut savoir que pour les détenus de ce centre il s'agit de situations d'horreur, l'un d'entre eux nous a confié (à travers les barreaux de sa fenêtre) qu'il avait séjourné en Irak et qu'il avait vécu ici en Belgique, dans le poste de police, la même terreur.

 Un Kurde, se trouve là, avec ses enfants de 2 ans 1/2 et 4 ans, tous deux nés en Belgique.  La police s'est rendue à son domicile et a amené la famille au commissariat sous le prétexte de vérifications de papiers (il possède un permis de travail).  Du commissariat cependant ils ont été emmenés directement au centre fermé!

 Une nouvelle fois, cette "visite", certes pas dans les règles comme le regrettait la directrice, nous donne une image criante des dénis des droits les plus élémentaires, de l’arbitraire de l’Office des étrangers et de l'enfermement des étrangers qui nous rapportent systématiquement "nous n'avons rien fait et sommes traités comme des criminels, comme des chiens".

 Nous réclamons la libération des personnes arrêtées dans l’église Notre Dame des Sans-papiers, l’arrêt de la répression sur le mouvement des sans papiers et de leurs nombreux sympathisants.
Les autorités refusent d’entendre les revendications légitimes des Sans papiers et essaient à tout prix de casser ce mouvement qui est devenu trop fort, ce dans le but de pouvoir partir en vacances et de revenir lors de la rentrée parlementaire avec des églises vides et un mouvement disloqué. Certaines associations n’hésitent pas à « influencer » les Sans-papiers dans le même but.

 Nous continuerons à encourager et soutenir les actions de l’UDEP et de tous les sans papiers et les encourageons à tenir bon.

 La CRER - Coordination contre les Rafles , les Expulsions et pour la Regularisation
C.R.E.R. – Bruxelles

18:52 Écrit par Clara People dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : belgique, manif, centres fermes |  Facebook |

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