03/08/2006

Centres d'accueil pour mineurs financés par l’Union européenne

"Libération" (Casablanca - Maroc) — 2 août 2006
Centre d'accueil pour mineurs - l'apport de Bruxelles
par Mohamed Jaabouk

"L'Union européenne cofinancera la construction au Maroc de deux centres d'accueil pour les mineurs en situation illégale eu Europe. Tanger et Marrakech ont été choisis pour abriter ces deux édifices. Cette annonce émane de la Commissaire chargée des relations internationales, Bénita Ferrero-Waldner en réponse à une question orale au Parlement européen. L'enveloppe budgétaire allouée à ce projet est estimée à 3 millions d'euros. Bruxelles aura à supporter 2 millions d'euros tandis que la Communauté de Madrid se chargera du reste.

Selon Mme Ferrer-Waldener, la participation de Bruxelles à la construction de ces deux centres a été prélevée du fonds AENEAS destiné à apporter une assistance financière et technique à des pays tiers qui font face aux aléas de flux migratoires.(sic.) Une condition que le Maroc remplit parfaitement. Le 12 novembre 2004, en effet, la Commission européenne a adopté une décision concernant le programme AENEAS, visant à apporter de manière spécifique et complémentaire une aide technique et financière aux pays tiers dans le domaine des migrations et de l'asile.

Selon les promoteurs de cette initiative, l'objectif de l'implantation de ces deux centres à Tanger et Marrakech répond à une demande incessante visant l'amélioration des conditions de réception et la protection des mineurs marocains non-accompagnés en Espagne. Un moyen pour éviter d'une part, le rapatriement forcé de ces enfants. Un acte qui a été vivement dénoncé par des ONG espagnoles et européennes et qui a mis les autorités marocaines et espagnoles dans l'embarras, et d'autre part, il pourrait donner une certaine légalité à cette affaire en la mettant sous la responsabilité partagée des gouvernements des deux pays. Par ailleurs, la Commission européenne estime que ce projet est "conforme à la Convention de 1989 des droits des enfants et aux principes de la légalité internationale". (sic.)

Selon des statistiques datant de 2005, le nombre des mineurs marocains non-accompagnés qui résident dans des centres d'accueil en Espagne est de 4441. Un chiffre qui a forcément augmenté courant cette année et qui ne prend pas en compte ceux qui errent dans les rues de la Catalogne ou de l'Andalousie."

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Au Maroc, des réfugiés et des demandeurs d’asile en danger

communiqué de presse Migreurop 27 juillet 2006

Depuis lundi 24 juillet, de nombreux réfugiés et demandeurs d’asile de plusieurs nationalités sont rassemblés en sit-in devant le siège de la représentation du HCR (Haut Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés) au Maroc. Par leur mouvement, ces femmes et ces hommes expriment leur désespoir et leur révolte face à l’inertie d’une situation qui leur est imposée depuis de longs mois, au prix d’une souffrance croissante.

Alors qu’ils devraient bénéficier d’un traitement protecteur en application de la Convention de Genève sur les réfugiés dont le Maroc est signataire, demandeurs d’asile et réfugiés vivent dans ce pays dans des conditions extrêmement précaires, sans ressources, sans prise en charge sociale et juridique appropriée. Ils sont de surcroît privés en pratique d’un certain nombre de droits fondamentaux minimaux comme l’accès aux soins, l’accès à la scolarité pour les enfants et la liberté d’aller et venir.

Cette situation n’est pas surprenante. Jusqu’ici pays de passage, ou de migration temporaire pour les ressortissants de ses voisins africains, le Maroc est contraint depuis quelques années à jouer le rôle de « gendarme de l’Europe » en retenant sur son sol les exilés en route vers le nord. Au nom d’un inéquitable « partage des responsabilités », l’Union européenne, en externalisant sa politique migratoire et d’asile, se décharge sur ses voisins, au sud comme à l’est, des obligations qui lui incombent au regard de ses engagement internationaux, notamment à l’égard des personnes qui ont besoin de protection. Des voisins dont, comme le Maroc, les capacités d’accueil et d’intégration sont largement en deçà des besoins des milliers d’exilés qui s’y retrouvent désormais piégés comme dans une nasse dont ils ne peuvent s’échapper.

En prenant pour cible de leurs revendications le HCR, les manifestants de Rabat mettent en cause l’ambiguïté du rôle d’une institution qui contribue à cautionner une situation inacceptable. En prétendant garantir la mise en place d’un système d’asile équitable et efficace dans des pays qui sont loin de disposer des infrastructures nécessaires pour en assumer les implications - et qui n’en ont pas forcément la volonté politique - le HCR sert, de fait, les intérêts de l’Union européenne. Alors que l’Europe accueille de moins en moins de demandeurs d’asile chaque année, la politique du HCR contribue à accentuer ce verrouillage des frontières. Les demandeurs d’asile font les frais de cette externalisation qui trop souvent, comme à Ceuta et Melilla, s’apparente à une véritable guerre aux migrants.

Pour Migreurop, il est inacceptable que migrants et exilés soient contraints à demeurer dans des pays qu’ils n’ont pas choisis comme destination tant que les conditions de leur accueil et de leur intégration n’y sont pas assurées au regard des standards internationaux (Convention de Genève sur les réfugiés, Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille). La politique de visas de l’UE doit répondre à cette exigence, en facilitant leur circulation. S’agissant des réfugiés, il appartient au HCR d’assumer jusqu’au bout sa mission, en garantissant la sécurité à toutes les personnes à qui il reconnaît un droit à la protection, soit dans le pays d’accueil, soit, si c’est impossible comme actuellement au Maroc, dans un autre pays.

21:15 Écrit par Clara People dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, maroc, migrations, onu, hcr |  Facebook |

22/07/2006

Cécile & Sevket — II

Mon compagnon de vie ainsi que les autres sans papiers qui vivent à Vottem font l'objet de pressions innommable de la part des fonctionnaires de l'Office des Etrangers. Ces personnes essaient de leur faire admettre que le mieux pour eux est de retrourner volontairement au pays.

J'ai eu l'occasion de parler avec l'un de ces fonctionnaires. Il n'était pas du tout au courant des diverses procédures judiciaires ouvertes dans mon cas. Il était à Vottem pour "exécuter des décisions qui viennent de plus haut".

Donc ces personnes envoyées à Vottem ne connaissent pas les dossiers des prisonniers qu'ils auditionnent. Si vous connaissez des détenus de Vottem, prévenez les eux ou leur avocat. J'ai le nom et le numéro de téléphone de ce fonctionnaire de l'office à qui j'ai eu le grand honneur de parler. Un grand moment de surréalisme.

Ceci dit, j'ai aussi besoin de votre soutien. Si vous avez une adresse e-mail et une connection internet, s'il vous plaît venez mettre un commentaire sur mon blog. Je me rends compte qu'il est très difficile de faire bouger les gens. Ces commentaires sont très importants pour Sevket et moi. Merci

http://sysylia.skyblog.com

13:19 Écrit par Clara People dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : belgique, centres fermes, expulsions |  Facebook |