22/07/2006

Cécile & Sevket — I
Sans papiers, sans droits — Comment protéger "mon sans papier" des actes et décisions arbitraires et sans appel des autorités belges ?

Ci-dessous le texte de Cécile, tel que reproduit sur le site de l'agence Belga :
Time: 16:11 — Date: July 14,2006 — Sender Name: Rodin Foundation

Sans papiers, sans droits — Comment protéger "mon sans papier" des actes et décisions arbitraires et sans appel des autorités belges ?

Mon compagnon de vie, Sevket Bérekci, de nationalité turque est détenu en toute illégalité au Centre fermé de Vottem. Dans son dossier tout est illégal : l’arrestation administrative, l’ordre de quitter le territoire, les deux tentatives d’expulsions, un avis négatif sur une demande de régularisation de séjour sur base de l’article 9.3., l’absence de son droit à exercer des recours effectifs tels que prévu dans la loi. L’Etat belge, même frappé d’interdiction de l’expulser sous peine d’astreintes, nous empêche de poursuivre notre vie privée et familiale.

En matière de sans papiers, les droits de l’homme fondamentaux ne sont pas respectés par la Belgique. Plus grave encore, mes droits de citoyenne belge ne sont pas respectés non plus.

Dans le climat actuel d’expulsions massives des lieux de refuges, de maltraitance et de grèves de la faim, ma petite histoire peut paraître sans intérêt. Néanmoins, elle démontre à souhait les mécanismes d’expulsions illégales.

Arrêté illégalement le 10 juin 2006, mon compagnon est privé de sa liberté. Renversé par une voiture devant un Commissariat de Police, on l’a directement mis en cellule sans se soucier de son état. Je ne l’ai pas revu, il a été transféré au Centre 127 bis de Melsbroek avecun ordre de quitter le territoire daté du même jour. Il lui a été notifié un avis négatif à sa demande 9.3 non motivé, ensuite on atenté le même jour dans l’après-midi, de le mettre dans un avion à destination d’Istanbul.
  1. L’auditeur du Conseil d’Etat a reconnu l’illégalité de l’Ordre de Quitter le Territoire mais ce dernier n’a pas été suspendu.
  2. Le juge des référés a interdit à l’Etat belge d’expulser mon compagnon sous peine d’astreintes, l’Office des Etrangers a fait appel de cette décision.
  3. La chambre du Conseil a remis mon compagnon en liberté en reconnaissant les différentes illégalités. Le parquet a fait appel de cette décision.

Pourquoi cet acharnement ?

  • Il ne fait aucun doute que notre relation est qualifiée de"durable".
  • Mon ami n’est pas un terroriste musulman.
  • Ce n’est pas un criminel
  • Il ne représente pas un danger pour la sécurité publique.

Son seul tort a été de quitter le territoire durant sa demande de régularisation de séjour. Il s’est rendu en Turquie car son fils de 10 ans était atteint d’une méningite. Un cas de force majeure pour lequel on le condamne sans appel.

En Belgique, il est donc interdit à un étranger d’avoir une relation sentimentale avec une belge et de venir en aide à sa plus proche famille.

Nous sommes une famille. Si vous voulez en être persuadés, visitez nos blogs et laisser vos commentaires en forme de protestation :
http://sysylia.skyblog.com
http://sysyliablog.spaces.msn.com

Je vous invite à venir nombreux soutenir toutes les associations qui luttent sans relâche pour un meilleur avenir des sans papiers. Tousles samedis entre 16 et 17 heures vous trouverez ces manifestants devant les grilles du centre fermé de Vottem.

Contact :
Cécile Delmarcelle
Tél.: 0477/96 07 40
http://www.cracpe.tk http://cracpe2.skynetblogs.be

13:17 Écrit par Clara People dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : belgique, centres fermes, expulsions |  Facebook |

14/07/2006

La Belgique interpellée par les défenseurs des Droits de l'Homme

Le Premier ministre Guy Verhofstadt a été interpellé ce mardi 11 par deux organisations internationales quant aux garanties que les autorités belges peuvent apporter à l'intégrité des défenseurs des droits de l'Homme dans notre pays, suite à la manifestation organisée la semaine dernière à Anderlecht lors de l'évacuation de sans-papiers où plusieurs défenseurs des droits de l'Homme ont été molestés par la police.

Dans un courrier daté du 11 juillet à Genève et Paris envoyé au premier ministre Guy Verhofstadt, au ministre de l'Intérieur Patrick Dewael et au ministre des Affaires étrangères Karel De Gucht, le président de la fédération internationale des Ligues des Droits de l'Hommes (FIDH),Sidiki Kaba, et le président de l'Organisation mondiale contre la Torture (OMCT), Eric Sottas, s'inquiètent de la situation.

Ce courrier condamne fermement les "actes de représailles" constatés lors de la manifestation à Anderlecht et appelle les plus hautes autorités belges à "garantir en toutes circonstances l'intégrité physique et psychologique de l'ensemble des défenseurs des droits de l'Homme en Belgique".

15:32 Écrit par Clara People dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : belgique, ong, droits de l homme, expulsions |  Facebook |

COMMUNIQUÉ DE PRESSE ÉMANANT DES PERSONNES ÉCROUÉES AU CENTRE FERMÉ DE VOTTEM (LIEGE)

Reçu par lettre à l’adresse du CRACPE, B.P. 165 Liège 2 4020. La lettre porte les cachets de la poste du 5/07/2006 pour la réception par la poste et du 10/07/2006 pour le dépôt dans la boîte postale.

COMMUNIQUÉ DE PRESSE
ÉMANANT DES PERSONNES ÉCROUÉES
AU CENTRE FERMÉ DE VOTTEM (LIEGE)

Nous, personnes détenues au Centre fermé de Vottem dans la région liégeoise, venons porter à la connaissance du peuple belge les conditions de notre détention. Nous sommes environ une centaine à Vottem à écrire et signer ce communiqué.

Nous n’avons commis aucun crime ni délit punissable par la justice belge: ni vol, ni agression sexuelle, ni assassinat des petits enfants, ni cambriolage, ni escroquerie, ni car ou home jacking.

Notre seul crime est d’avoir fui pour certains la guerre dans leurs pays ( Congo Kinshasa, Tchétchénie, Soudan, Somalie, Iran, Côte d’Ivoire, etc… ), pour d’autres des répressions policières et politiques ( Syrie, Iran, Turquie, Algérie, Maroc, Népal, Cameroun, Libéria, Sierra Léone, Guinée Conakry, Birmanie, Russie, Chine, etc… ), pour d’autres des mariages forcés (Maroc, Sénégal, Guinée, Syrie, Somalie, Turquie, Albanie, etc…), pour d’autres encore des persécutions religieuses ( Iran, Égypte, Syrie, etc… ).

Nous rappelons au peuple belge que lors des deux guerres mondiales, certains Belges se sont réfugiés en France, en Grande Bretagne, au Congo Kinshasa, etc… pour trouver asile ; nous croyons même que la radio belge sous la seconde guerre mondiale émettait à Kinshasa. Est-ce que les Belges étaient mis en prison, enfermés dans ces pays respectifs? Les Belges auraient-ils la mémoire courte ? Nous ne le pensons pas.

Ce qui nous choque c’est qu’il y ait des enfants mineurs de 0 à 17 ans enfermés dans les centres, qu’ont-ils fait pour mériter cela ?

Il y a quelques jours, entre le 26/06/2006 et le 28/06/06, l’aile "famille" où étaient détenues femmes, enfants et familles entières a été fermée et toutes ces personnes transférées à Bruges ou Merksplas, mais dans quelle condition ? Certaines femmes africaines noires essentiellement, avec enfants, ont été scotchées, emballées comme au temps de l’esclavage, à moitié nues, devant enfants et jetées dans des fourgons comme de la marchandise. Quelle menace représentaient ces pauvres femmes ?

Au Centre de Vottem, lorsque l’on est malade il fait attendre plusieurs jours pour être examiné par un médecin.

La loi belge dit que l’office des Étrangers peut garder en détention une personne en vue de son rapatriement entre 4 à 5 mois maximum, le temps de trouver soit des papiers nécessaires auprès de l’Ambassade et Consulat, soit de l’identifier. Mais à Vottem, comme dans tous les centres fermés de Belgique, l’office des Étrangers garde des personnes jusqu’à une année en détention. Est-ce cela la justice d’un pays démocratique qu’est la Belgique capitale de l’Union Européenne ?

Il y a des personnes à Vottem qui ont acheté leur propre billet d’avion, qui ont un passeport ou un titre de voyage valable, qui ne demandent qu’à rentrer dans leur pays de leur propre gré mais que l’office des Étrangers continue à garder en détention plusieurs mois. Est-ce normal ? Cette situation est inadmissible.

Il y a des personnes que la Chambre de Conseil du tribunal remet en liberté (Liège, Bruxelles, etc…) mais que l’Office des Étrangers garde en détention en interjetant appel à plusieurs reprises. Il n’y a donc pas de justice dans ce Pays pour les Étrangers ? A quoi servent alors les Tribunaux ? La chose jugée n’aurait-elle pas force de loi qui s’impose à tous y compris au Ministre ? Le Ministère de l’Intérieur et donc l’Office des Étrangers, seraient-ils au-dessus de lois belges ?

A l’aéroport de Zaventem, les personnes sont frappées, attachées avec des menottes comme des pires assassins des petits enfants, scotchées comme des saucissons, rouées de coups. A Vottem, il y en a plusieurs qui ont porté plainte contre l’office des Étrangers avec preuve des certificats médicaux fournis de surcroît par des médecins du Centre mais tout cela est étouffé. Nous dénonçons l’attitude de certaines Ambassades qui délivrent à tort des laissez-passer. Comment une Ambassade peut délivrer un laissez-passer à un candidat demandeur d’asile ? Ceci concerne particulièrement l’Ambassade de la RDC Kinshasa dont le Consul Kasongo vend des tenant lieu de passeports à l’office des Étrangers pour 250€. Il en est de même pour le Togo, la Guinée Conakry, le Maroc, le Cameroun.

Notre cri est que l’on nous traite comme des êtres humains à part entière ; nous reconnaissons que nous sommes pauvres et c’est pourquoi on nous traite ainsi. En effet, tous les dictateurs africains, moyen-orientaux, asiatiques, latino-américains, qui ont pillé leur pays, commis des crimes, et qui ont demandé l’asile politique en Belgique, aucun à notre connaissance ne se retrouve dans un centre fermé ? Ils continuent à couler des jours heureux dans leurs villas payées avec le sang du peuple. Cet argent, comme on dit n’a pas d’odeur, est placé en Belgique, crée des emplois et contribue à l’économie belge.

C’est inadmissible, nous appelons tous les Belges de bonne volonté comme ceux du Collectif de Résistance aux centres pour Étrangers à Liège (CRACPE), le Bureau de Consultation et de Défense de Liège qui a constitué une équipe d’avocats motivés pour la défense des Étrangers détenus à Vottem ainsi que tous les avocats belges qui ont manifesté devant l’Assemblée nationale pour défendre tous les sans-papiers, tous les sans droit en Belgique et à travers le Monde.

MERCI

Signatures des détenus
Suivent, 35 signatures.

15:02 Écrit par Clara People dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : belgique, centres fermes, expulsions, enfatns |  Facebook |