24/08/2006

Invitation à la commémoration Semira Adamu - 23 Sept. 2006

1er appel à la mémoirewww.vluchteling.be/semira

Vous êtes vivement et cordialement invités à nous rejoindre à la 8e commémoration de la mort de Sémira Adamu que nous organisons pour le 23 septembre 2006.

Il vous est loisible de vous joindre à cette action en tant que signataire uniquement mais il est évident qu'une participation active sous différentes formes serait tellement plus intéressante! Par exemple rejoindre les commissions de travail avant et pendant la journée commémorative.

Prenez contact avec nous !!!

Une grande marche est prévue à Bruxelles à partir de 14 heures débutant à l'Office des Etrangers (gare du Nord) pour se terminer en face du Parlement Européen à la place du Luxembourg (gare du quartier Léopold). Pour nos camarades en Europe et aux EU plusieurs activités sont également prévues et des délégations des mouvements des sans papiers d'Italie, Espagne, France et Allemangne seront avec nous à Bruxelles le 23 septembre prochain. Cette année donc, notre commémoration à la mémoire de Semira acquiert une dimension internationale.

En Belgique la manifestation sera suivie d'une activité à partir de 18h au Theâtre LUMEN (Place Flagey) : musique, prises de paroles de délégations étrangères et témoignages, débats, petite restauration etc.

Diffusez cet appel à vos proches, vos amis, vos collègues, à votre carnet d'adresses emails,…

COMITE 25 FEVRIER — rue de Dublin 33 - 1050 Ixelles
contact FR 0496 40 33 09 — contact NL 0496 27 94 78
comite_25_fevrier_2006@yahoo.fr
Pour un soutien financier (extrêmement nécessaire), veuillez verser au compte - 063 - 4107523 - 93 - SEMIRA ADAMU 2006


Huit ans après Semira, le combat continue…
Avec les sans-papier-e-s !

« Le vingt-deux septembre, aujourd’hui
comme hier, pouvons-nous nous en foutre ? »
(libre actualisation d’une chanson de Brassens)


Le 22 septembre 1998, Semira Adamu, une jeune nigériane de près de vingt-ans, mourait, étouffée par neuf gendarmes armés d’un coussin, acharnés à l’expulser du petit royaume surprotégé, à tout prix, à six reprises chaque fois plus violentes. Fuyant un mariage forcé avec un sexagénaire polygame, elle était venue chercher l’asile dans l’Europe des droits de l’Homme. Elle n’y trouva que la raideur administrative, la froideur du pragmatisme gestionnaire et sécuritaire, les barreaux d’un centre fermé, la violence policière et la mort.

Huit ans plus tard, rien n’a changé. Les hommes et femmes migrant en quête d’une vie plus sûre et moins précaire sont toujours traité-e-s comme des « flux » qu’il s’agit de contrôler et de refouler. Chaque année, 8000 personnes sont toujours enfermées abusivement, puisqu’elles n’ont commis aucun délit, et inutilement, puisque la majorité d’entre elles sont relâchées dans la nature et la clandestinité après quelques mois d’incarcération. Parmi celles-ci, on compte de plus en plus d’enfants, détenus en contravention flagrante avec le droit international, privés du droit fondamental à l’instruction et à la dignité. Les expulsions se perpétuent (et tuent parfois) dans l’arbitraire, la violence et le non respect des droits fondamentaux dont l’Europe se vante être le berceau. Tout récemment encore, madame Hawa Diallo, jeune guinéenne, et son fils Yousouf, connurent une succession de tentatives d’expulsion, chaque fois plus violentes : camisole de forces, jambes ligotées, escortes musclées par cinq gendarmes, coups dans le ventre, étranglements,? Elle échappa de peu au sort tragique de Semira dont nous voulons chaque année commémorer la mémoire. Deux cas emblématiques du peu de reconnaissance par les politiques d’asile européenne de l’oppression, de l’exploitation et de la violence que subissent les femmes dans les pays qu’elles fuient.

A l’intérieur des frontières du royaume, des dizaines voire des centaines de milliers de migrants passant au travers des mailles du filet répressif ou ayant été libérés d’un centre fermé suite à l’échec de leur éloignement, vivent dans les interstices clandestins de nos sociétés. Sans que l’État ne reconnaisse officiellement leur présence mais qu’il tolère hypocritement car il est incapable d’expulser toutes les personnes irrégulières sans glisser vers un État policier et que celles-ci s’avèrent en fin de compte très utiles, si pas nécessaires, au travail précaire et non protégé sur lequel reposent des pans entiers de notre économie. Depuis quelques mois — fait nouveau et décisif — ces hommes et ces femmes se sont décidé-e-s à sortir de l’ombre, à s’organiser au sein de l’UDEP (Union pour la Défense des Sans-Papiers), à occuper des lieux symboliques, à manifester et même à rédiger une proposition de loi pour revendiquer leur régularisation, c’est-à-dire leur droit d’exister, leur droit d’avoir des droits. Ce mouvement prend de l’ampleur au plus total mépris du gouvernement qui vient d’approuver une énième réforme de la loi sur les étrangers, animée par la même logique gestionnaire et sécuritaire que les précédentes, sans la moindre prise en compte des doléances des personnes sans-papiers.

Cette situation n’est pas propre à la Belgique, elle se retrouve et se décide au niveau européen. Dès le lendemain de l’assassinat de Semira Adamu, le vaste mouvement de solidarité et d’indignation, suscité dans la société civile, dénonçait déjà la construction d’une Europe forteresse. Depuis lors, la construction de cette Europe-là progresse à bien plus grand pas que celle de l’Europe sociale ou de l’Europe des droits. Des policiers et policières coopèrent pour renforcer et perfectionner le contrôle des frontières. Les ministres de la Justice et des Affaires intérieures se concertent pour élaborer des normes communes de rapatriement et organiser des charters communs pour les expulsions collectives. Des budgets considérables sont alloués aux nouveaux États membres afin de garantir l’imperméabilité des nouvelles frontières de l’Europe élargie. La coopération au développement se marchande avec les pays du sud contre des accords de réadmissions pour toutes les personnes migrantes parties ou ayant transitées par chez eux. Petit à petit prennent forme les projets d’externalisation de l’asile (camps dans les pays tiers où seraient parqués tous les candidat-e-s à l’asile ou l’immigration en Europe dans l’attente d’une réponse rarement positive). A Rabat, la récente conférence ministérielle euro-africaine sur la migration et le développement aboutit à 62 recommandations pour « endiguer » le « fléau » de l’émigration (et non plus l’immigration) clandestine.

Les conséquences de cette politique de forteresse commencent à faire de plus en plus de bruit dans les médias et l’opinion publique : ce sont, chaque jour, des dizaines de morts qui sont recensés lors du trajet vers ou à l’abord des côtes espagnoles et italiennes (15 000 décès depuis 1993).

Ces conséquences, au même titre que le meurtre de Semira, l’arbitraire, la violence et le non respect des droits fondamentaux qui sévissent toujours en Belgique, seront inévitables tant que les politiques ne comprendront pas que la migration est un phénomène séculaire, intrinsèque à l’humanité, et de surcroit favorisé et démultiplié par la modernité, la mondialisation et l’inégalité des rapports Nord/Sud. Le mouvement définit la vie et aucune politique, aucun arsenal répressif, ne pourra jamais le refreiner complètement. Toute tentative de le réprimer se révèle inefficace, dangereuse et contreproductive. Plus on restreindra l’immigration légale, plus se développera l’immigration clandestine. Plus on durcira les conditions d’accès au territoire et renforcera les contrôles, plus on poussera les migrants dans des conditions toujours plus précaires qui font le fonds de commerce des trafiquants en tout genre et plus on bafouera les droits fondamentaux de la personne humaine.

Il est donc temps que l’on inverse la logique. Il est donc urgent et indispensable que l’on fasse désormais primer le respect des droits de l’homme ˆ pour toute personne humaine, d’où qu’elle vienne et où qu’elle aille ˆ sur les impératifs gestionnaires et sécuritaires de nos opulentes démocraties libérales, de nos États occidentaux dont la puissance, la supériorité, la richesse, le bien-être et les droits se sont, entre autre, construits sur le dos de l’exploitation des pays et des peuples dominés. Dès lors que la politique d’éloignement se révèle irréaliste ; que la politique d’enfermement se révèle très souvent inutile ; que toute personne résidant sur notre territoire et contribuant à notre économie a le droit d’avoir des droits ; que la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des Libertés fondamentales garantit à toute personne le droit à la vie (art. 2), à la dignité (art 3), à la sûreté et à la liberté (art. 5) dont la liberté de circulation (art. 2 du protocole additionnel n°4) ; qu’il est du devoir de l’État de respecter et d’encadrer les libertés pour ne pas les livrer aux lois de la jungle ; nous revendiquons, en mémoire de Semira et au nom de toutes les personnes migrantes :

• LA SUPRESSION DES CENTRES FERMES
• L'ARRET DES EXPULSIONS
• LA REGULARISATION DES SANS PAPIERS
• UNE POLITIQUE D'ASILE ET D'IMMIGRATION EUROPEENNE RESPECTUEUSE DES DROITS FONDAMENTAUX POUR TOUS LES ETRES HUMAINS


Premier signataires:
  • LDH - Ligue des Droits de l'Homme - Belgique
  • MRAX - Mouvement contre le Racisme, l'Antisémitisme et la Xenophobie - Belgique
  • SUB TERRA - Centre Culturel Latinoamericain - Bruxelles
  • CRER - Coordination Contre les Rafles, les Expulsions et pour la Regularisation - Bruxelles
  • VAK - Vluchtelingen Aktie Komitee - Gand
  • CRACPE - Collectif de Resistance aux Centres pour Etrangers - Liege
  • UDEP - Union pour la defense des Sans Papiers - Mouvement National
  • COLFEN - Collectif des Femmes en Noir contre les Centres Fermes et les Expulsions - Belgique
  • LIT IV internationale - Ligue Internationale des Travailleurs en Belgique
  • UPJB - Union des Progressistes Juifs de Belgique - President Jacques Ravedovitz
  • COORDINATION NATIONALE DES SANS PAPIERS DE FRANCE - Le collège des délégués Elus - France
  • C.N.C.D. CENTRE NATIONAL DE COOPERATION AU DEVELOPPEMENT - Belgique
  • PIMENTS ROUGES - Bruxelles

09:31 Écrit par Clara People dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : belgique, manif |  Facebook |

Trois Belges du service de l'immigration retenus au Somaliland

Belga — 15/08/2006

Trois agents belges du service de l'immigration ont été arrêtés mardi au Somaliland, un territoire autoproclamé indépendant de la Somalie en 1991, selon la BBC.

L'information, relayée par la chaîne de télévision flamande VTM, a été confirmée par un porte-parole du ministère belge des Affaires étrangères.
Les trois hommes, actuellement retenus dans un hôtel de la capitale du Somaliland, Hargeisa, escortaient un demandeur d'asile expulsé de Belgique.

Selon les autorités locales, les responsables belges ne disposaient pas des visas nécessaires pour pénétrer sur le territoire du Somaliland, ni d'un accord préalable pour "livrer un expulsé à cet endroit", écrit la chaîne anglaise sur son site. Les agents belges et le demandeur d'asile sont arrivés au Somaliland en provenance d'Ethiopie, selon la même source.

Un porte-parole du ministère belge des Affaires étrangères a confirmé que "des problèmes étaient survenus avec les documents de transit". Il a précisé que les trois hommes n'avaient pas été arrêtés, mais étaient "retenus". (GFR)

09:23 Écrit par Clara People dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : belgique, expulsions |  Facebook |

13/08/2006

Je pose la question : peut-on enfermer des enfants ?

dimanche 13 août 2006

« Je pose la question : peut-on enfermer des enfants ? »
Cette phrase nous est martelée continûment par une gamine de 7 ans.

S’interposent entre elle et nous un fossé, une butte, une clôture souple de 1,7 mètres , un espace de 2 mètres de buissons épineux, une clôture rigide de 4 mètres de haut, un chemin de ronde, une autre clôture rigide de 3 mètres surmontée de barbelés cette fois (on ne sait jamais), une cour d’une dizaine de mètre, une fenêtre sans teint et blindée, des barreaux.
« Je pose la question : peut-on enfermer des enfants ? »
Elle était assez près pour que nous l’entendions, plus usante que les avions qui décollaient et atterrissaient sans cesse dernière nous, plus pénétrante aussi.


« Répondez-moi. Je pose la question : peut-on enfermer des enfants ? »
« Non », « non », « non ».
« Alors pourquoi je suis ici ? On ne respecte pas mes droits d’enfants. On me traite comme un adulte. Je pose la question : peut-on enfermer des enfants ? »
Une gamine de 7 ans. Arrêtée avec sa mère à Anderlecht, lors de l’évacuation de Notre-Dame l’Immaculée, le mardi 4 juillet.
Elles ont déjà subi une première tentative d’expulsion.
Pour la seconde, « désolé pour ton enfant mais nous te frapperons » a-t-on déjà annoncé à la mère.
« Je pose la question : peut-on enfermer des enfants ? »

Depuis 3 ans que je vais devant le centre fermé de Steenorkerzeel (le 127bis), les enfants s’y trouvent à chaque fois plus nombreux. On peut aujourd’hui les compter par dizaines; agglutinés aux fenêtres pour nous faire signe et nous écouter.
A nos slogans, ils répondent en chœur : « Liberté. Liberté. Liberté… »

Sauf une : « Je pose la question : … »

Nous étions une cinquantaine ce midi, accompagné de la presse radio et tv pour se rendre devant le centre fermé et dénoncer encore la violation des droits fondamentaux, la violence psychique et physique sur ces personnes qui n’ont commis aucun délit.


Nous étions une cinquantaine à déborder un barrage de la police communale qui tentait de nous interdire le passage avec nos banderoles qui, tenues par des bâtons, leurs semblaient des armes redoutables.
Parce que les violents, c’est nous.

« …peut-on enfermer des enfants ? »

19:16 Écrit par Clara People dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : belgique, centres fermes, manif, enfants, expulsions |  Facebook |