08/06/2006

Sans papiers en danger, appel à la solidarité !

[en France, une église occupée avec l'accord de l'archevêque. Le début d'une chaîne?]

Depuis mardi 6 juin 2006, le collectif des sans papiers de Rouen et agglomération occupe l’église Saint-Sever (salle Galilée) à Rouen avec le soutien de l’archevêque, d’élus, d’associations, d’organisations syndicales et politiques.

Nous sommes des familles, des hommes, des femmes, des enfants ; Nous avons quitté nos pays pour fuir la dictature, la guerre ou la misère…

Nous voulons vivre dans la dignité.

Nous refusons de survivre dans la clandestinité, la peur au ventre, d’être la proie des marchands de sommeil ou de patrons peu scrupuleux.

Depuis de nombreux mois, nous n’obtenons quasiment pas de régularisations dans le cadre des audiences régulières à la préfecture (examen au cas par cas) .

Nous avons décidé de durcir notre lutte, déterminés à obtenir la régularisation de tous les sans papiers.

Notre combat s’inscrit dans le cadre du dixième anniversaire de l’occupation de l’église Saint Ambroise et contre le projet de loi CESEDA qui veut faire des étrangers, réguliers ou irréguliers, une population de seconde zone, privée de droits, précarisée et livrée pieds et poings liés à l’arbitraire du patronat, de l’administration et du pouvoir.

Nous appelons toutes celles et tous ceux qui refusent une vision utilitariste et esclavagiste de l’Homme à rejoindre notre mouvement pour :

  • - La régularisation de tous les sans papiers-
  • L’arrêt des expulsions-
  • La fin des rafles et de la chasse au faciès-
  • Le retrait de la circulaire du 21 février 2006, véritable manuel d’interpellation des sans papiers-
  • Le retrait du projet de loi CESEDA-
  • La fermeture des centres de rétention

Venez nombreux nous rencontrer et participer à nos actions :
  • Assemblée générale chaque jour à 18H , salle Galilée
  • Rassemblement jeudi 8 juin 2006 à 10H devant la préfecture où une délégation sera reçue par le Préfet
  • Rassemblement jeudi 8 juin 2006 à 18H devant l’église Saint-Sever : compte-rendu de la délégation et suite du mouvement
    Collectif des sans papiers de Rouen et agglomération et soutiens

15:26 Écrit par Clara People | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, france, occupation |  Facebook |

Les régularisations ne concerneraient pas plus de 2 % des enfants de sans-papiers

LE MONDE | 07.06.06 | 13h41
Laetitia Van Eeckhout

Ferme mais humain. Humain mais ferme. A peine le ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy, avait-il annoncé, mardi 6 juin, la régularisation au cas par cas d'élèves étrangers scolarisés et de leur famille, que la police venait chercher dans une école du Mans deux petits frères kurdes, Chabar, 6 ans, et Jonas, 3 ans et demi, dont la mère, menacée d'être renvoyée, venait une heure plus tôt de se faire interpeller.

"Il y a les discours humanistes à la tribune du Sénat. Et il y a la réalité des faits", pointe Richard Moyon, porte-parole du Réseau éducation sans frontières (RESF), à la tête de la mobilisation contre le renvoi des jeunes sans papiers.
Mardi, plusieurs élus de gauche se sont félicités que la mobilisation citoyenne autour des écoles ait payé, Claude Bartolone, député (PS) de Seine-Saint-Denis, allant jusqu'à parler de "bonne mesure pour une fois". Mais, parmi les acteurs de cette mobilisation, l'annonce du ministre de l'intérieur a été accueillie avec froideur, si ce n'est colère.

DES CRITÈRES JUGÉS INIQUES

Pour les collectifs de soutien aux jeunes étrangers scolarisés menacés de reconduite à la frontière et les associations de défense des étrangers, cette annonce n'est qu'un "coup de pub". "La mobilisation contre l'expulsion de jeunes scolarisés ne cesse de prendre de l'ampleur" et M. Sarkozy "veut dégonfler cette mobilisation qui concerne des gens de tous horizons en donnant à l'opinion un os à ronger", a dénoncé, mardi, Nathalie Ferré, présidente du Gisti, lors d'une conférence de presse du collectif Uni(e)s contre l'immigration jetable. "La régularisation va concerner des jeunes et des familles qui sont là depuis six ou sept ans. Or les gens qui sont ici depuis six ou sept ans, et qui ont toutes leurs attaches en France, ont droit à des titres de séjour en vertu de la loi actuelle", a-t-elle souligné.

Selon RESF, les mesures de régularisation annoncées ne concerneront pas plus de 2 % des enfants des familles sans papiers. Devant les sénateurs, Nicolas Sarkozy a promis de régulariser les familles dont "l'enfant est né en France ou est arrivé en très bas âge, est scolarisé en France, ne parle pas la langue de son pays et n'a donc aucun lien avec ce pays". Des critères jugés pour le moins iniques par les soutiens aux familles.

"Je connais une quarantaine de familles menacées d'être renvoyées, et pas une ne rentre dans les critères annoncés", témoigne Cécile Bir, mère de famille et présidente du collectif Enfants étrangers citoyens solidaires de l'école Stalingrad à Nantes. "Ne pas parler la langue de son pays d'origine, qu'est-ce que cela veut dire ? C'est n'importe quoi. Un enfant peut parfaitement maîtriser le français, tout en parlant la langue de ses parents", s'insurge-t-elle. Pour les collectifs et les associations, pas question de relâcher la vigilance. Au contraire, tous appellent à poursuivre et à amplifier le mouvement.

15:23 Écrit par Clara People | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, france, expulsions, enfants |  Facebook |

"Sarkozy est en train de réglementer la chasse aux enfants"

Propos recueillis par Alexandra GUILLET TF1

Un simple "effet d'annonce", une manière déguisée de "mettre en place une réglementation pour encadrer la chasse aux enfants"... Richard Moyon, porte-parole du Réseau Education Sans Frontière, s'indigne sur LCI.fr de la proposition de Nicolas Sarkozy de ne régulariser que les enfants sans-papiers nés et scolarisés en France.

06 juin 2006 à 11h53

LCI.fr : Nicolas Sarkozy devrait proposer cet après-midi, devant le Sénat, la régularisation de 800 familles dont les enfants sont nés et scolarisés en France. Qu'en pensez-vous ?

Richard Moyon, porte-parole du Réseau Education sans Frontière (RESF)* : Le titre en Une du Figaro de ce matin, "Sarkozy renonce à expulser les élèves sans papiers" promettait beaucoup. Mais à y regarder de plus près, la "clémence" de Nicolas Sarkozy ne représenterait que 1 à 2 % des enfants concernés par l'expulsion. En effet, d'après les propres chiffres du ministère de l'intérieur, il y a en France 300 à 400 000 sans papiers, dont 50 000 familles. S'il y a 50 000 familles, il y a au minimum 50 000 enfants en situation irrégulière. Ce qui est énorme, puisque même notre réseau ne les estimait qu'à une dizaine de milliers.
Nicolas Sarkozy propose de ne régulariser que les 800 familles les plus intégrés, soit environ 1200 personnes. C'est une goutte d'eau, un simple effet d'annonce. Très loin de la réalité. Nicolas Sarkozy souhaite se refaire une virginité humanitaire. Mais pour un coup d'essai, ce n'est pas un coup de maître.


LCI.fr :
Pour ne pas être expulsable, les enfants devront être nés et scolarisés en France et ne pas parler la langue de leurs parents. Que pensez-vous de ces critères retenus par le ministère de l'Intérieur ?


R.M. : Monsieur Sarkozy s'apprêtait à ouvrir la chasse à l'enfant à partir du 30 juin sans aucune restriction. Là, il est en train de mettre en place quelques réglementations pour encadrer cette chasse. Autant les deux premiers critères, à savoir le lieu de naissance et la scolarisation, sont rigoureux. Autant le troisième critère, à savoir la perte de l'usage de la langue de ses parents, n'a pas de sens. Pire, il permet de laisser des marges d'appréciation aux préfectures dont on sait qu'elles ne sont pas particulièrement enclines à la bienveillance. Car ces préfectures sont déjà prises l'épée dans les reins à cause des objectifs chiffrés que leur inflige le ministre de l'intérieur pour les reconduites à la frontière. Cette année, l'objectif est de 25 000 expulsions. C'est 25% de plus que l'an dernier, 50% de plus qu'il y a deux ans.


LCI.fr : Quelles actions entendez-vous mener dans les prochaines semaines pour aider ces enfants étrangers qui sont scolarisés en France mais menacés d'expulsion à la fin du mois ?

R.M. : Avant le 30 juin, nous continuons notre mobilisation qui a déjà permis de faire faire ce petit pas en arrière à Nicolas Sarkozy. Et pour l'après 30 juin, date à laquelle les cours vont s'arrêter, nous avons lancer une pétition nationale "Nous les prenons sous notre toit !", qui a déjà recueilli 40 000 signatures. Cette pétition revendique la protection des enfants. Dans des dizaines d'écoles, partout en France, des familles et des professeurs se préoccupent en ce moment même de faire partir en vacances les élèves menacés d'expulsion. Des centaines, et même des milliers d'enfants vont ainsi être protégés par des citoyens français.
L'objectif est de mettre la police dans la situation d'avoir à faire des enquêtes longues et complexes pour les retrouver. Dit comme cela, cela rappelle de tristes pages de notre histoire. J'espère que cela évoquera quelque chose chez les fonctionnaires de police et qu'ils ne se laisseront pas donner n'importe quel ordre. Nous parlons d'enfants. Il ne faut pas laisser commettre ces infamies.

*Réseau Education sans frontière a été créé en juin 2004 pour venir en aide aux enfants étrangers scolarisés en France et menacés d'expulsion. Il regroupe essentiellement des parents et des professeurs.

15:21 Écrit par Clara People | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, ue, france, politique, expulsions |  Facebook |