03/08/2006

Au Maroc, des réfugiés et des demandeurs d’asile en danger

communiqué de presse Migreurop 27 juillet 2006

Depuis lundi 24 juillet, de nombreux réfugiés et demandeurs d’asile de plusieurs nationalités sont rassemblés en sit-in devant le siège de la représentation du HCR (Haut Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés) au Maroc. Par leur mouvement, ces femmes et ces hommes expriment leur désespoir et leur révolte face à l’inertie d’une situation qui leur est imposée depuis de longs mois, au prix d’une souffrance croissante.

Alors qu’ils devraient bénéficier d’un traitement protecteur en application de la Convention de Genève sur les réfugiés dont le Maroc est signataire, demandeurs d’asile et réfugiés vivent dans ce pays dans des conditions extrêmement précaires, sans ressources, sans prise en charge sociale et juridique appropriée. Ils sont de surcroît privés en pratique d’un certain nombre de droits fondamentaux minimaux comme l’accès aux soins, l’accès à la scolarité pour les enfants et la liberté d’aller et venir.

Cette situation n’est pas surprenante. Jusqu’ici pays de passage, ou de migration temporaire pour les ressortissants de ses voisins africains, le Maroc est contraint depuis quelques années à jouer le rôle de « gendarme de l’Europe » en retenant sur son sol les exilés en route vers le nord. Au nom d’un inéquitable « partage des responsabilités », l’Union européenne, en externalisant sa politique migratoire et d’asile, se décharge sur ses voisins, au sud comme à l’est, des obligations qui lui incombent au regard de ses engagement internationaux, notamment à l’égard des personnes qui ont besoin de protection. Des voisins dont, comme le Maroc, les capacités d’accueil et d’intégration sont largement en deçà des besoins des milliers d’exilés qui s’y retrouvent désormais piégés comme dans une nasse dont ils ne peuvent s’échapper.

En prenant pour cible de leurs revendications le HCR, les manifestants de Rabat mettent en cause l’ambiguïté du rôle d’une institution qui contribue à cautionner une situation inacceptable. En prétendant garantir la mise en place d’un système d’asile équitable et efficace dans des pays qui sont loin de disposer des infrastructures nécessaires pour en assumer les implications - et qui n’en ont pas forcément la volonté politique - le HCR sert, de fait, les intérêts de l’Union européenne. Alors que l’Europe accueille de moins en moins de demandeurs d’asile chaque année, la politique du HCR contribue à accentuer ce verrouillage des frontières. Les demandeurs d’asile font les frais de cette externalisation qui trop souvent, comme à Ceuta et Melilla, s’apparente à une véritable guerre aux migrants.

Pour Migreurop, il est inacceptable que migrants et exilés soient contraints à demeurer dans des pays qu’ils n’ont pas choisis comme destination tant que les conditions de leur accueil et de leur intégration n’y sont pas assurées au regard des standards internationaux (Convention de Genève sur les réfugiés, Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille). La politique de visas de l’UE doit répondre à cette exigence, en facilitant leur circulation. S’agissant des réfugiés, il appartient au HCR d’assumer jusqu’au bout sa mission, en garantissant la sécurité à toutes les personnes à qui il reconnaît un droit à la protection, soit dans le pays d’accueil, soit, si c’est impossible comme actuellement au Maroc, dans un autre pays.

21:15 Écrit par Clara People dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, maroc, migrations, onu, hcr |  Facebook |

22/04/2006

le HCR condamne le non respect du droit d’asile
136 sans papiers en grève de la faim dans le centre de rétention de Vincennes

20 avril 2006
"CNSP Coordination Nationale des Sans Papiers" coordnatsanspap@hotmail.com

SANS PAPIERS
en lutte>>>coordination nationale

le HCR condamne le non respect du droit d’asile
136 sans papiers en grève de la faim dans le centre de rétention de Vincennes

« Cent trente-six des cent quarante-six personnes en situation irrégulière enregistrées au centre de rétention de Vincennes (Val-de-Marne) ont entamé hier une grève de la faim. Ces détenus « entendent protester contre leurs conditions de détention, les lois sur l'immigration et l'absence de regard de l'administration sur leur sort », a déclaré hier une responsable de la Cimade, le service oecuménique d'entraide présent dans le centre. Ce mouvement « est Les détenus qui ont refusé leurs plateaux-repas hier sont de « toutes nationalités », selon la responsable, qui a précisé qu'ils venaient majoritairement d'Algérie, du Mali, de Chine, de Roumanie et de Turquie »(20 Minutes du 19/04/06).

En fait, on se demandait bien ce qui se passe, car il devenait quasi-impossible d’avoir les détenus au téléphone à Vincennes.

« Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a sévèrement critiqué les "restrictions de plus en plus sévères" au droit d'asile imposées par les pays riches, dans un rapport présenté, mercredi matin 19 avril, à Londres (..) ce rapport met notamment en cause "l'intolérance grandissante" des pays d'accueil et la confusion de plus en plus généralisée entre "migrants et réfugiés". Les 9,2 millions de demandeurs d'asile dans le monde sont toujours "décrits (...) comme des migrants illégaux, des terroristes potentiels et des criminels, ou, au mieux, comme des fraudeurs", souligne le rapport(?) ce rapport met notamment en cause "l'intolérance grandissante" des pays d'accueil et la confusion de plus en plus généralisée entre"migrants et réfugiés(?) L'ONU critique sévèrement ce phénomène de plus en plus répandu en occident(?) "Un phénomène alimenté par des politiques faisant appel aux sentiments xénophobes" des électeurs, selon le rapport » (Le Monde du 19/04/06).

Ces deux informations du même jour donnent un éclairage lugubre à la sinistre politique xénophobe de gouvernement Villepin/Sarkozy. Sarkozy n’hésite plus à piétiner les principes et valeurs de la République. Il efface tout simplement la ligne jaune séparant la droite Républicaine et l’extrême droite fasciste. N. SARKOZY, ci-devant Ministre de l’Intérieur le déclare même publiquement sans aucun scrupule : « Je cherche à séduire les électeurs du FN » , « Oui, je cherche à les séduire. Mais d'où viennent-ils, de la droite républicaine, de l'autre d'une partie de la gauche », « En refusant de parler d'un certain nombre de sujets dont Le Pen s'est emparé, nous avons désespéré une partie de notre électorat », « Qui pourrait m'en vouloir de récupérer ces gens dans le camp républicain? J'irai même les chercher un par un, ça ne me gène pas. Si le FN a progressé, c'est que nous n'avons pas fait à droite notre boulot ».

Voilà pourquoi Sarkozy a fixé le quota chiffré de 25.000 sans papiers à expulser pour 2006. Voilà pourquoi il a fait la circulaire du 21 février 06 qui programme les arrestations à domicile, aux guichets des préfectures, à la porte des locaux associatifs et syndicaux, et même dans les blocs opératoires, sans compter les rafles dans les quartiers populaires. Voilà pourquoi il fait remplir arbitrairement les centres de rétention.

La CNSP lance un appel à une mobilisation solidaire avec nos 135 camarades sans papiers grévistes de la faim en prison à Vincennes.

La CNSP demande aux élus (Députés, Sénateurs, Régionaux, Municipaux, etc) d'organiser une chaîne de visites aux centres de rétention de Vincennes). La CNSP appelle l’ensemble des syndicats, des associations démocratiques à faire de même (il suffit d’un nom de sans papiers pour y avoir droit). La CNSP les invite à ramener de l’eau, du sucre, du thé en bouteille aux grévistes de la faim et des médecins volontaires doivent leur rendre visite.

La CNSP appelle l’ensemble des collectifs de sans papiers à manifester tout le long de la grève de la faim des 135 de Vincennes partout en France pour dénoncer l’alignement politique de l’élève Sarko sur le maître Le Pen.

Nous savons d’expérience que face à une grève de la faim, ce dernier recours des sans papiers pour se faire entendre, l’Etat, le gouvernement utilise des moyens à la limite de la barbarie tant qu’ils pensent que cela se fera dans le silence et sans bruit.

C’est pourquoi le courage seul des grévistes ne suffit pas, il faut un vaste mouvement de solidarité. Il faut faire appel à la presse nationale et internationale pour couvrir l’action défensive des sans papiers.

Fait à Paris 19/04/06

20:21 Écrit par Clara People | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : onu, hcr, europe, france, greve |  Facebook |