10/07/2006

l’Udep chez Simonet

Le vendredi 7 juillet 2006 à 14h, Le Bourgmestre Jacques Simonet reçoit une délégation de l'UDEP et le Curé Jan Claes à la maison communale d'Anderlecht.

 Le Bourgmestre Simonet a réaffirmé qu'il avait fermé l'église Ste….Immaculée pour des raisons de sécurité et de salubrité.
Il prétend que le curé aurait demandé que les sans papiers quittent l'église parce que la situation serait devenue ingérable en raison de violences, qu'il y aurait eu des plaintes des riverains, et qu'il y avait un gros problème de salubrité dans l'église.

 Malgré que le curé Jan Claes conteste avoir demandé son intervention ou celle de la police pour expulser les sans papiers, qu'il affirme que l'église était bien entretenue et nettoyée chaque jour, qu'il n'y a jamais eu de violences à l'intérieur de l'église. Que ses paroissiens comprenaient et soutenaient l'occupation, et enfin qu'il souhaite que les sans papiers puissent revenir occuper son église jusqu'au 21 juillet; malgré les nombreuses réactions de riverains choqués par l'arrestation et l'expulsion des sans papiers qui font circuler une pétition pour demander la réouverture de l'église aux sans papiers ; aucun dialogue n'a été possible.

    Le Bourgmestre Simonet a réaffirmé qu'il refusait toute occupation d'église par les sans-papiers sur le territoire de sa commune.
Il a confirmé qu'il avait, avant de donner instruction d'expulser de l'église et d'arrêter les sans papiers le 5 juillet à 6 heures de matin, pris contact avec l'Office des étrangers afin de vérifier qu'il y avait des places en centre fermé pour les « accueillir ».
Il a confirmé qu'il avait pris cette mesure sans même s'être jamais entretenu directement avec le curé de la situation, ni avoir rencontré le porte-parole des sans papiers, ni avoir mis un pied dans l'église pour vérifier lui-même la situation, ni même fait procéder à un constat d'insalubrité avant de faire procéder à l'évacuation de l'église.

 Il allègue en outre une série d'éléments fantaisistes visant à ternir la situation à son avantage et à discréditer les sans papiers et leurs soutiens.
Selon lui, le curé ment et instrumentalise les sans papiers (on se demande dans quel but ?), les avocats « font leur beurre » sur la misère des sans papiers (alors que les avocats de l'UDEP interviennent bénévolement), enfin il n'hésite pas à parler de trafic de drogue dans l'église (alors qu'il n'existe aucun élément laissant supposer des problèmes de ce genre).

 Il a reconnu qu'il avait fait erreur lorsqu'il a accusé l'UDEP d'avoir poussé les occupants de Saint-Gilles à faire la grève de la faim et a accepté de s'en excuser mais refuse de le faire publiquement.

 Par son attitude générale à l'égard des sans papiers qu'il n'a jamais daigné rencontrer depuis le début de l'occupation au mois d'avril, sa décision de les expulser en concertation avec l'Office des étrangers, les explications confuses qu'il donne et qui sont contredites par divers intervenants dont le curé et le voisinage direct, il se discrédite totalement et dévoile le véritable visage d'un Bourgmestre qui n'a aucun égard pour la détresse humaine.   

 Les délégués de l'UDEP présents étaient :
Ali Guissé, oumarou, Abdel Salam, Lawali kangou, le Curé jan Claes et le président de la Fabrique d'église.
Accompagné d'un des conseils juridiques de l'UDEP, Marie pierre Debuisseret.


 Guissé Ali
Coordinateur et porte parole de UDEP National
Gsm: 0498/ 33.07.48
udep.blogspirit.com

18:49 Écrit par Clara People dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : belgique, bruxelles, politique, occupation, expulsions |  Facebook |

08/06/2006

Immigration Le SP.A ne veut pas réformer la procédure de régularisation

Le Soir, 07/06/2006 | MARTINE VANDEMEULEBROUCKE

Asile : la fracture Nord-Sud

Entre le Nord et le Sud du pays, on a décidément une lecture fort différente de l'immigration et donc de certains aspects des projets de loi du ministre de l'Intérieur sur la politique d'asile et la création d'un conseil du contentieux des étrangers.

On a pu le vérifier une fois encore ce mardi, à la commission de l'Intérieur de la Chambre. Dans les interventions de tous les partis, quatre thèmes arrivent en tête du hit-parade des réformes envisagées : le regroupement familial, la réforme du Conseil d'Etat, la procédure d'asile et, bien sûr, la régularisation. Quatre sujets qui divisent ou fédèrent, pas seulement selon un clivage gauche-droite.

Dans tous les partis flamands, il y a consensus pour estimer qu'en matière d'asile comme de regroupement familial, on ne va pas assez loin pour lutter contre les abus. La transcription dans le projet de loi de la directive européenne sur le regroupement familial a conduit à durcir les conditions mises pour faire venir en Belgique un membre de sa famille. Il faudra avoir 21 ans pour venir dans notre pays et le regroupant doit disposer d'un logement décent et d'une assurance-maladie.

Ce n'est pas assez, jugent Nahima Lanjri (CD&V) et Filip Anthuenis (VLD) qui voudraient ajouter des conditions de revenus tandis que Dalila Douifi (SP.A) estime qu'on devrait être « intégré » (traduisez : connaître la langue du pays) avant d'entrer sur le territoire. Anthuenis s'est d'ailleurs plaint que le regroupement familial perpétue l'entrée sur le territoire de nouveaux étrangers « non intégrés ». La preuve, selon lui : 38 % des enfants de moins de 6 ans (!) dans sa ville ne parlent pas le néerlandais. Marie Nagy (Ecolo) était bien isolée quand elle a dénoncé des exigences en matière de logement pouvant conduire à une discrimination sociale.

La procédure d'asile divise un peu moins. Ecolo a critiqué plusieurs failles du projet de loi, relevées aussi par le Conseil d'Etat comme l'augmentation des possibilités de détention des demandeurs d'asile. Chez les socialistes flamands, on est obsédé par le problème du « filtre » au Conseil d'Etat. Le projet de loi prévoit que le Conseil d'Etat agira comme instance de cassation dans les recours aux refus d'asile. Comment être sûr que le « filtre » sera assez étanche pour éviter de « nouveaux abus dans les recours » ? Benoît Drèze (CDH) estime qu'il faut remettre les compteurs à zéro : accorder plus de moyens humains au Conseil d'Etat pour apurer l'arriéré existant et surtout organiser une opération de régularisation des sans-papiers.
La régularisation. Le sujet qui fâche ? Le CD&V est pour des critères clairs inscrits dans la loi. Les partis flamands de la majorité soutiennent sans états d'âme l'option du gouvernement : tout le pouvoir au ministre. Rien dans la loi. Pas même dans une circulaire, ajoute Dalila Douifi (SP.A) : « Ce serait récompenser l'illégalité. » Stijn Bex (Spirit) tient tout de même à marquer sa différence sans craindre l'incohérence : pas de critères définis, d'accord, mais le ministre ne pourrait-il pas faire preuve d'un peu de clarté en rédigeant une fiche d'information dans les communes sur qui est régularisable ou pas ?

On attendait avec curiosité la réaction du PS (le MR ne s'est pas exprimé). Elle a été très rapide. Jean-Claude Maene a dit tout le bien qu'il pensait de la réforme de l'asile. Point final ? Pas tout à fait. Marie-Claire Lambert a posé deux questions au ministre : comment résoudre la situation actuelle des sans-papiers et comment rendre la procédure plus objective ? Patrick Dewael doit répondre ce mercredi et pourra difficilement louvoyer. On l'aura compris : le jeu d'échecs au sein des partis de la majorité se poursuit.

15:27 Écrit par Clara People | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : belgique, politique, regularisation |  Facebook |

"Sarkozy est en train de réglementer la chasse aux enfants"

Propos recueillis par Alexandra GUILLET TF1

Un simple "effet d'annonce", une manière déguisée de "mettre en place une réglementation pour encadrer la chasse aux enfants"... Richard Moyon, porte-parole du Réseau Education Sans Frontière, s'indigne sur LCI.fr de la proposition de Nicolas Sarkozy de ne régulariser que les enfants sans-papiers nés et scolarisés en France.

06 juin 2006 à 11h53

LCI.fr : Nicolas Sarkozy devrait proposer cet après-midi, devant le Sénat, la régularisation de 800 familles dont les enfants sont nés et scolarisés en France. Qu'en pensez-vous ?

Richard Moyon, porte-parole du Réseau Education sans Frontière (RESF)* : Le titre en Une du Figaro de ce matin, "Sarkozy renonce à expulser les élèves sans papiers" promettait beaucoup. Mais à y regarder de plus près, la "clémence" de Nicolas Sarkozy ne représenterait que 1 à 2 % des enfants concernés par l'expulsion. En effet, d'après les propres chiffres du ministère de l'intérieur, il y a en France 300 à 400 000 sans papiers, dont 50 000 familles. S'il y a 50 000 familles, il y a au minimum 50 000 enfants en situation irrégulière. Ce qui est énorme, puisque même notre réseau ne les estimait qu'à une dizaine de milliers.
Nicolas Sarkozy propose de ne régulariser que les 800 familles les plus intégrés, soit environ 1200 personnes. C'est une goutte d'eau, un simple effet d'annonce. Très loin de la réalité. Nicolas Sarkozy souhaite se refaire une virginité humanitaire. Mais pour un coup d'essai, ce n'est pas un coup de maître.


LCI.fr :
Pour ne pas être expulsable, les enfants devront être nés et scolarisés en France et ne pas parler la langue de leurs parents. Que pensez-vous de ces critères retenus par le ministère de l'Intérieur ?


R.M. : Monsieur Sarkozy s'apprêtait à ouvrir la chasse à l'enfant à partir du 30 juin sans aucune restriction. Là, il est en train de mettre en place quelques réglementations pour encadrer cette chasse. Autant les deux premiers critères, à savoir le lieu de naissance et la scolarisation, sont rigoureux. Autant le troisième critère, à savoir la perte de l'usage de la langue de ses parents, n'a pas de sens. Pire, il permet de laisser des marges d'appréciation aux préfectures dont on sait qu'elles ne sont pas particulièrement enclines à la bienveillance. Car ces préfectures sont déjà prises l'épée dans les reins à cause des objectifs chiffrés que leur inflige le ministre de l'intérieur pour les reconduites à la frontière. Cette année, l'objectif est de 25 000 expulsions. C'est 25% de plus que l'an dernier, 50% de plus qu'il y a deux ans.


LCI.fr : Quelles actions entendez-vous mener dans les prochaines semaines pour aider ces enfants étrangers qui sont scolarisés en France mais menacés d'expulsion à la fin du mois ?

R.M. : Avant le 30 juin, nous continuons notre mobilisation qui a déjà permis de faire faire ce petit pas en arrière à Nicolas Sarkozy. Et pour l'après 30 juin, date à laquelle les cours vont s'arrêter, nous avons lancer une pétition nationale "Nous les prenons sous notre toit !", qui a déjà recueilli 40 000 signatures. Cette pétition revendique la protection des enfants. Dans des dizaines d'écoles, partout en France, des familles et des professeurs se préoccupent en ce moment même de faire partir en vacances les élèves menacés d'expulsion. Des centaines, et même des milliers d'enfants vont ainsi être protégés par des citoyens français.
L'objectif est de mettre la police dans la situation d'avoir à faire des enquêtes longues et complexes pour les retrouver. Dit comme cela, cela rappelle de tristes pages de notre histoire. J'espère que cela évoquera quelque chose chez les fonctionnaires de police et qu'ils ne se laisseront pas donner n'importe quel ordre. Nous parlons d'enfants. Il ne faut pas laisser commettre ces infamies.

*Réseau Education sans frontière a été créé en juin 2004 pour venir en aide aux enfants étrangers scolarisés en France et menacés d'expulsion. Il regroupe essentiellement des parents et des professeurs.

15:21 Écrit par Clara People | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, ue, france, politique, expulsions |  Facebook |